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Faire face aux pandémies : Le 45e Conseil d’Administration du Fonds mondial place la lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme se positionne

La 45e réunion du Conseil administration du Fonds mondial, tenue par visioconférence du 11 au 12 mai 2021, a assuré de poursuivre sa mission primordiale de combattre le SIDA, la tuberculose et le paludisme malgré les nombreux défis créés par la pandémie COVID-19 en cours. Durant la rencontre, la Stratégie post-2022 du Fonds mondial, a fait l’objet de longues discussions. Le Directeur Exécutif, Peter Sands a souligné le rôle unique que le Fonds mondial peut jouer dans la préparation aux éventuelles pandémies en accroissant les capacités de riposte, tout en protégeant les gains dans la lutte contre les trois maladies. Les représentants des circonscriptions de l’Afrique de l’Est et Australe et de l'Afrique de l'Ouest et du Centre qui ont participé au Conseil d’administration avec l’assistance technique du Bureau de la Circonscription Africaine, ont pu réagir sur les questions à l’ordre du jour de cette 45ème rencontre.

 

Les points clés de la Stratégie post-2022

La réunion du conseil a réitéré l’importance des personnes et des communautés au centre de la riposte contre les trois maladies ; de même que l'importance de systèmes forts et pérennes dans la lutte contre le VIH, les droits humains, les questions d’équité et de genre.

La réunion a discuté de mettre la préparation aux pandémies comme un objectif évoluant. La proposition de stratégie a aussi mis en exergue 5 changements stratégiques comme suit : (i) maximiser les systèmes de santé intégrés et centrés sur les personnes afin d’avoir un impact, une résilience et une durabilité ; (ii) maximiser l’engagement et le leadership des communautés les plus touchées pour ne laisser personne de côté ; (iii) maximiser l’équité en santé, l’égalité des genres et les droits de la personne ; (iv) allouer davantage de ressources pour la santé ; (v) contribuer à la préparation et à l’intervention en cas de pandémie.

Peter Sand a souligné quelques perturbations dans la mise en œuvre des programmes HIV, TB et malaria existants créées par la pandémie du COVID-19 ; mais il a insisté sur la résilience et les innovations qui ont été adoptées pour préserver l’impact des programmes. Le Fonds mondial a créé entre autres le C19RM : un mécanisme qui a permis d’investir à la date de la réunion plus de 1 milliard de dollars des ressources supplémentaires pour lutter contre COVID-19 et de préserver les gains acquis dans la lutte contre le sida, à la tuberculose et au paludisme.

 Il a été également souligné que la crise provoquée par le COVID-19 offre à l'institution l'occasion de “reconstruire en mieux” en établissant un nouveau contrat social, en s'orientant vers la couverture sanitaire universelle et en élargissant la portée du filet de sécurité sociale grâce à des programmes tels que les prestations de santé universelles et les régimes de retraite sociale. Concrètement, il faut avoir des plans ambitieux mais réalistes. Ainsi, les participants ont reconnu que « l’obtention de résultats ambitieux exige de l'innovation et des flexibilités plus fortes ».

La position de l’Afrique sur la stratégie

Les positions des circonscriptions africaines étaient relativement alignées sur celles des autres. Dans leur déclaration, les circonscriptions ont noté la nécessité que le Fonds mondial se focalise sur les trois épidémies existantes, l’importance du système de santé, la réorientation du partenariat pour bien prendre en compte tous les acteurs (y compris les gouvernements), et l’attention nécessaire à la performance des pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre et plus généralement des pays fragiles.

Les circonscriptions africaines ont souligné l'importance de la mise en œuvre des gouvernements et de la nécessaire complémentarité entre les communautés, la société civile et les gouvernements.

Selon la Banque mondiale, il a également noté que l’impact économique de la crise sanitaire conduit l’Afrique dans sa première recension depuis plus de 25 ans. En effet, la région dépense actuellement beaucoup plus pour la santé, en particulier les dépenses à la réponse liée au COVID-19. De telles conditions appellent l’Afrique à être innovante et flexible dans l'utilisation du cofinancement, en particulier parmi les pays à revenu faible et intermédiaire.

 

Les risques, le cofinancement et les questions d’abus sexuels et de harcèlement

Face à cette évolution et à la volatilité du paysage des risques aggravés par la pandémie COVID-19, dans la réunion du conseil d'administration, le Secrétariat a discuté de l’appétence aux risques et a indiqué que des flexibilités peuvent être introduites sans toutefois compromettre l'intégrité globale de son engagement.

Le Fonds mondial vise de plus à maintenir les priorités de mobilisation des ressources nationales, de durabilité, de transition et de cofinancement, de construction de systèmes résilients et durables pour la santé et de lutte contre les droits de l'homme, l'égalité des sexes et l'équité, qui nécessitent un partenariat encore plus fort avec les gouvernements qui sont les garants d'une meilleure santé pour leur peuple.

Les participants à la réunion ont par ailleurs réitéré leur plein appui à une politique de tolérance zéro et de tolérance zéro à la non-action vis-à-vis de la question de l’exploitation, des abus et du harcèlement sexuel.

Le Bureau de la Circonscription Africaine du Conseil du Fonds mondial, poursuivra les efforts de soutien et assumera pleinement son engagement à défendre et faire le plaidoyer pour les deux régions. Il continuera d’initier et encourager les divers partenaires dont les gouvernements, les communautés et d’autres collaborateurs à se réunir afin de réfléchir au contexte et aux besoins uniques du continent Africain, ainsi qu’aux différents rôles de chacun d’eux pour améliorer la performance des subventions octroyées et des innovations y relatives. 

Christelle Muvunyi